Alice in Nightmareland

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 Loin de chez soi, inutile d'avoir honte ! [Chapelier - Absolem]

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Le Chapelier Fou
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MessageSujet: Loin de chez soi, inutile d'avoir honte ! [Chapelier - Absolem]   Mer 17 Déc - 21:42

Quand vous-voyez des champignons aussi hauts que votre pied, vous vous dîtes que ce sont de beaux champignons. Quand ils commencent à dépasser vos genoux, vous trouvez cela amusant. Quand ils pourraient servir de chaises et de tables, vous trouvez cela singulier mais la nature est bien faite et cela les rend encore plus intéressant. Quand ils font votre taille, vous vous dîtes qu’ils ont reçus un très bon engrais….

Après, quand ils font la taille d’un arbre...Vous avez le droit de vous inquiéter…

Le Chapelier s’aventurait depuis déjà quelques heures dans une sorte de forêt remplis  d’Eumycètes ou appelait plus communément, des champignons. Certes, il se sentait assez petit mais cela semblait plus l’amuser car il comprenait en venant dans cet endroit particulier, ce que ressentais dans la vie de tous les jours, les insectes.

S’il cherchait actuellement une odeur de pavot transformé en une puissante préparation psychotrope c’est qu’il avait prévu de rendre visite surprise au chef du royaume de Carreau, Absolem.
Remettant son chapeau (d’où était caché un paquet venant d’une pâtisserie) correctement sur sa tête, le Chapelier se remit en quête du sentier qu’il avait depuis longtemps perdu de vue.

Ses pas cachés par le tintement de vaisselles dans ses poches rendait certes sa marche plus rythmée mais surtout… plus repérable.

Un bruissement se fit entendre, entre les racines, les branches et les buissons, faisant mine de ne rien entendre Luther continua sa route avec un sourire enfantin, ayant hâte de voir la réaction de son dealer.  Plusieurs paires d’yeux le fixaient, des animaux connus comme inconnus, une faune ayant évolué en même temps que les champignons, certains pouvaient se cacher et se camoufler avec aisance, d’autres étaient aussi colorés que l’arc-en-ciel.

Le Chapelier se demandait d’ailleurs qui pourrait être assez courageux, habile, de grandes connaissances et beaucoup de temps libre pour répertorier toutes ces créatures. Son choix se reporta avec une logique surprenante sur … le Dodo.
Il tapa son poing dans sa paume, comprenant l’impossibilité de la chose.

« Mais le Dodo ne peut quitter la mer ! Tant pis pour le bestiaire ! Je devrais quand même aller lui demander pour voir s’il ne veut pas essayer…. Ah non ! La surprise ! Quel maladroit je fais ! Quelle tête en l’air ! Ah non, elle est toujours là ! Bon, continuons ! » Il se mit à rire et reprit sa route sous les chants de quelques oiseaux.

Au bout d’un moment, un nuage de fumée pâle et épais se fit apercevoir au-dessus de lui, comme un chemin entre la terre et le ciel. La destination était proche et le Chapelier hâta le pas.

En arrivant devant le Fumoir, Luther s’avança de façon caricaturale vers la grande porte d’entrée. Il toqua en se préparant à bientôt faire sa surprise.
Une servante ouvrit et le salua en se penchant légèrement en avant, le Chapelier fit de même mais de côté, ressemblant à une quille sur le point de tomber. La jeune femme le regarda avec curiosité avant de reprendre un air professionnelle, parlant d’une voix douce et accueillante.

« Avez-vous  rendez-vous Monsieur le Chapelier ? »

Celui-ci fit une mine surprise, comme si ne pas être au courant de la raison de sa venue était surprenant.  Il mit un doigt devant mes lèvres en souriant.

« Bien sûr que non, c’est une surprise, je vais pas prévenir que je vais faire une surprise ! Ou est Absolem ? »


« Monsieur est occupé, ne voulez-vous pas.. »
La jeune femme fut coupée par l’invité surprise, qui ayant pris un bonbon dans sa poche et lui mit dans la main d’un air sérieux, comme si cela avait était de l’argent ou un objet de valeur.

« Faîtes comme si je n’étais pas là et vous serez hautement récompensé ! »
D’éclara-t’il avec un clin d’œil.

Il la contourna et continua son chemin dans le fumoir qu’il connaissait par ses nombreuses venues. La plupart avaient toujours étaient de nature commerciales.
En passant de couloir à couloir, sa curiosité le faisait regardait les nombreuses pièces remplis d’hommes et de femmes, des clients étant venu trouver quelque chose grâce à l’opium. Le Chapelier ferma les yeux et respira de grandes bouffées d’opium, même s’il préférait de loin les champignons aux effets directs et dévastateurs, l’opium était plus vicieuse. C’était dérangeant et agréable à la fois, une odeur qui vous agressait, s’imprégnait sur vos vêtements mais qui était toujours la bienvenue en fin de compte.

Il s’arrêta devant une pièce, il était sûr et certains Absolem était à l’intérieur, prenant une grande respiration, il poussa bruyamment avant de s’exclamer :

« Joyeux non-anniversaire Absolem ! »

Il rentra sans retenue, sans permission de son hôte involotaire, ne faisant pas attention où il mettait ses chaussures.

« J’espère que je ne te dérange pas ! » Dit-il avec un air amusé.

Son regard se porta sur une table basse remplis  d’objets qu’il jugea inutiles pour fêter un non-anniversaire et s’approcha d’elle, poussant et faisant tout tomber sur le sol.
Il enleva son chapeau de façon théâtrale, dévoilant le paquet d’un gâteau aux fraises. Puisant ensuite dans ses poches, théière, soucoupes, tasses et cuillères et pour finir une petite boite de sucre, il prépara avec minutie une table parfaite pour un goûter.

Puis, fière de son ouvrage, il se tourna vers Absolem, tapotant la table avec un sourire.

« Quoi ? »


Dernière édition par Le Chapelier Fou le Jeu 18 Déc - 18:28, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Loin de chez soi, inutile d'avoir honte ! [Chapelier - Absolem]   Mer 17 Déc - 23:25

Léthargique. C’est ce qui caractérisait cet endroit où régnait en maîtresse absolue une épaisse fumée. Sa langue vaporeuse s’étirait jusqu’à l’extérieur de l’imposante bâtisse, traçant un chemin de fumée pour quiconque s’aventurerait sur ces terres.

A cette heure matinale où le jour n’avait pas encore étendu son empire, tout était calme à l’intérieur. Le silence planait autant que la torpeur, sinuant dans les couloirs obscurs, frôlant les cloisons de papier qui délimitaient chaque espace. De l’autre côté, des pièces se succédaient, chacune offrant un coin de sérénité pour le visiteur qui viendrait profiter des luxes proposés par la « maison ». Une paix factice, artificielle, créée de toute pièce par les vapeurs d’opium engourdissant les sens et l’esprit. Et pourtant, l’opium d’Absolem ouvrait parfois les yeux. Alors on revenait. On cherchait à en savoir plus. La connaissance. Une arme à double-tranchant pour le maître des lieux.

Ce dernier tentait justement de goûter à cette ataraxie, aussi s’était-il isolé naturellement dans sa pièce fétiche. La salle de taille modeste, mais dont le plafond s’élevait bien loin au-dessus des têtes, était remplie de coussins de soie richement brodés, dépourvue de tout meuble si ce n’était une table sur laquelle s’entreposaient divers objets auxquels tenait la Chenille : son matériel de calligraphie. Ce n’est pas parce qu’il se donnait volontiers des airs spirituels qu’il ne pouvait pas attacher de l’importance à quelque chose de plus matériel.

Absolem ferma les yeux. Il avait profité du fait que ses serviteurs étaient occupés ailleurs –ou plutôt il avait fait en sorte de les occuper- pour laisser libre cours à sa passion, ou plutôt sa lubie : la méditation.

Après s’être vidé l’esprit durant de longues minutes, La Chenille inspira longuement, s’imprégnant du silence. Il entra dans un état hors de la réalité, réveillant l’inconscient endormi au fond de lui. Ses pensées divaguèrent vers les limbes de son esprit, tandis que son corps se détendait peu à peu, laissant place au calme le plus absolu. Cet état était très difficile à atteindre, mais Absolem ne comptait pas s’arrêter là. Il lui fallait pousser toujours plus loin cette introspection afin d’atteindre le stade suprême qui le rendrait définitivement extraordinaire ! Il le sentait, le touchait presque du bout des doigts, cet objectif absolu ! Il s’élevait peu à peu, il oubliait la douleur et son immense mémoire qui lui torturait parfois l’esprit.

La Chenille venait de se forger un cocon, fragile certes, mais duquel il finirait par sortir plus fort et plus grand…. Enfin… pas en terme de taille.

Il tendit soudainement la main, alors que la sérénité envahissait tout son corps et son cœur, lorsque soudain…

« Joyeux non-anniversaire, Absolem ! »

La Chenille sursauta, tiré de la façon la plus brutale qui soit de sa douce torpeur. Il n’eut même pas besoin de se retourner qu’il sut d’ors et déjà qui était l’indésirable ayant fait irruption avec si peu de délicatesse.

Son regard ambré se tourna néanmoins vers l’étrange olibrius qui détonait dans l’environnement lymphatique.

« J’espère que je ne te dérange pas ! », eut-il l’indécence de déclarer avec un sourire aussi épanoui qu’un tournesol en plein soleil.

Déjà, Absolem sentait que tous ces efforts pour parvenir à un état de paix intérieure et de calme s’effondraient tels un vulgaire château de cartes. Il s’empara de sa pipe, espérant que dès la première bouffée inspirée, il pourrait maîtriser l’irritation naissante qui dansait à l’intérieur de lui.

Le désordre que le visiteur causa ne fit qu’aggraver la situation, tandis que La Chenille se redressait de toute sa hauteur, soit une mesure très relative…

S’étalèrent donc sur le sol les pinceaux qu’Absolem avait si minutieusement rangé selon l’épaisseur, parallèlement au rebord du meuble et perpendiculairement aux feuilles de parchemins posées exactement au centre de la table.

Déjà, le Chapelier Fou avait remplacé cette admirable démonstration de précision par tout son barda, à savoir son service à thé.
Alors, il prononça ce simple mot fatidique qui hérissa aussitôt Absolem.

« Quoi ? »

Une mèche de cheveu flamboyante voila le regard assassin de La Chenille qui s’avança en traînant des babouches. Il inspira une nouvelle bouffée lorsqu’il fut près de la table, avant de recracher toute la fumée au visage du Chapelier.

« Quoi ? », Répéta t-il, hautain, en détachant bien chaque syllabe avec une lenteur hypnotique.

La fumée échappée de ses lèvres, au moment où il prononçait la syllabe « wa », forma une oie qui alla mourir dans la tasse la plus proche.

« Je sais ce que c’est que de tout savoir, ainsi sais-je que tu n’as pas envie de savoir  "quoi" », lança de but en blanc La Chenille tout en se laissant tomber sur un coussin.

Son irritation était hautement perceptible, en témoignait son air snob. Néanmoins, il ne se laissa pas gagné par l’agacement comme il avait coutume de le faire avec toute autre personne. Il préférait l’embrouiller plutôt que de lui exprimer le fond de sa pensée, à savoir : oui, il le dérangeait, il le dérangeait tellement qu’Absolem nourrissait soudainement l’ambition secrète de lui faire manger son chapeau ! Il avait une sacro-sainte horreur d’être dérangé dans sa méditation, car encore une fois, son projet suprême se voyait repoussé durant un temps indéterminé !

Mais voilà, le Chapelier Fou était son plus fidèle client, alors cela changeait la donne. D’ailleurs, il fallait être fou pour s’aventurer à travers les volutes de fumée, dans un endroit aussi nocif pour la santé mentale. Quoique… le bougre n’avait peut-être plus grand-chose à perdre à ce niveau là, songea Absolem tout en expirant de nouveau une bouffée de fumée.
Son ton se radoucit très nettement lorsqu’il prit de nouveau la parole de son éternelle voix traînante.

« Qu’es-tu venu faire ici, Chapelier ? C’est tous les jours mon non-anniversaire et ce n’est pas souvent que tu viens me le souhaiter, la bouche en cœur. »

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MessageSujet: Re: Loin de chez soi, inutile d'avoir honte ! [Chapelier - Absolem]   Jeu 18 Déc - 19:28

Absolem c’était déplacé et s’approchait de la table où se trouvait Luther. Son regard n’annonçait rien de bon mais le Chapelier ne semblait pas s’en inquiéter le moins du monde. Il tira même un coussin à l’intention du marchant d’Opium avec attention quand celui-ci lui cracha la fumée sur son éternel sourire ce qui faillit le faire éternuer.

« Quoi ? »

L’œil rouge visible du fabricant de Chapeau suivirent la formulation de ce petit mot avec attention, fixant la création de l’animal en fumée qui à cause de sa chute vertigineuse, s’écrasa en silence dans l’une des tasses. Le Chapelier se mordit la lèvre en essayant de ne pas répéter le mot, cela partait en totale divertissement pour lui car voir la chenille perdre lentement son calme était aussi amusant que terrifiant.

« Je sais ce que c’est que de tout savoir, ainsi sais-je que tu n’as pas envie de savoir "quoi" »

Alors que l’autre personnage s’installait, le Chapelier le fixait, il était vrai qu’Absolem savait énormément de chose, tellement de chose que si Luther lui demandait de les énumérer, il passerait probablement des mois entier à l’écouter. Ce qui faisait beaucoup de thé et de non-anniversaire gaspillés… Donc, il préférait juste s’incliner devant cette arme redoutable et invisible…

« Qu’es-tu venu faire ici, Chapelier ? C’est tous les jours mon non-anniversaire et ce n’est pas souvent que tu viens me le souhaiter, la bouche en cœur. »

L’homme croisa le regard de celui qui venait de parler, il ne dit rien, souriant juste en attendant de trouver une réponse digne de la question…. Dire qu’il n’était venu que par le plus grand des hasard après avoir reçu un gâteau n’était pas forcément la meilleure explication à sa venue même si c’était celle s’approchant le plus de la vérité. Son œil longea la silhouette avant qu’il n’étire encore plus son sourire qui allait finir par couper son visage en deux.

« Je m’ennuyais et… » Fut la première partie de sa réponse.

Il se mit en posture et commença à servir le thé, prenant un nombre incroyable de sucre et les plongeant dans sa tasse, si le Chapelier ne mourrait pas d’une quelconque mort, ce serait de diabète. Mélangeant le tout, il posa ensuite ses lèvres contre la porcelaine plissant le regard en attendant une réaction digne de ce nom de la part de la Chenille.

« Il s’avère.. » Il but une gorgée.

« Que je ne te vois que très peu mais les fois où je te regarde… » Une autre gorgée lui coupa la parole.

« Tu ne sembles pas grandir d’un centimètre, je me suis donc demandé si…En venant par surprise de fêter un non-anniversaire, cela te surprendrais tellement… »

Il posa sa tasse et plongea son regard dans celui de son compagnon de thé.

« Que tu aurais enfin une poussée de croissance. » Dit-il avec l’air le plus intéressé par le problème d’hauteur d’Absolem.

Il tendit sa main et servit avec délicatesse une part à l’heureux élu qui fêtait son non-anniversaire. Après avoir dégusté une fourchette de sa propre part, le Chapelier fit une tête comme si il avait eu une illumination quasi divine.

« D’ailleurs, que faisais-tu tout seul dans cette pièce ? »

Le Chapelier prit un air choqué puis amusé, se mordant les lèvres en mettant sa main droite devant, comme s’il avait détourné le propre sens de sa question.

« Oh, je t’ai vraiment dérangé ! » Dit-il avec un air sournois et moqueur.


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MessageSujet: Re: Loin de chez soi, inutile d'avoir honte ! [Chapelier - Absolem]   Ven 19 Déc - 23:14

Sans ciller, Absolem soutint le regard malicieux de son interlocuteur, persuadé que ce dernier cherchait déjà comment le pousser dans ses derniers retranchements. Leur relation avait toujours été de ce genre indéfinissable et le temps qui s’écoulait n’arrangeait rien. Au contraire, il ne faisait que la rendre un peu plus étrange encore. Leurs échanges se caractérisaient parfois par une extrême lucidité déguisée en absence de tout sens.
Ainsi donc, comme pour faire honneur à cette loi, le Chapelier élargit son sourire pour annoncer qu’il s’ennuyait.

Absolem grimaça légèrement, sa pipe au coin des lèvres.

«  A sourire ainsi, tu vas finir par ressembler au Chat »

Fou serait celui qui le prendrait pour un compliment. La Chenille n’évoquait jamais directement son ennemi juré, sauf quand il s’agissait de faire preuve d’un trait d’esprit. Il prit cependant un air tout à fait détaché comme il savait si bien le faire. Il n’avait pas vraiment à se forcer car l’odeur entêtante de son fumoir le rendait presque apathique. Du moins, c’est l’apparence qu’il donnait. Absolem avait toujours mieux résisté à ses drogues que n’importe qui d’autre.

« Il s’avère… Que je ne te vois que très peu mais les fois où je te regarde…Tu ne sembles pas grandir d’un centimètre, je me suis donc demandé si…En venant par surprise de fêter un non-anniversaire, cela te surprendrait tellement… », lança le Chapelier, sans se presser pour répondre puisque chaque phrase était entrecoupée par une gorgée de thé, un moyen -sans doute- de mettre à rude épreuve la patience très limitée d’Absolem.

La Chenille en savait cependant assez pour décréter que cette conversation ne lui plaisait pas. Il n’aimait pas les non-anniversaires, pas plus qu’on lui rappelle ses un mètre soixante. Déjà, il fronçait les sourcils à mesure que le Chapelier parlait. La dernière phrase de ce dernier le fit tout bonnement sortir de ses gonds. Comment osait-il évoquer un quelconque problème de croissance, avec cet air si sérieux qui plus est !

Absolem eut une moue dédaigneuse, le regard déjà embrasé par la colère croissante. Il se saisit d’un geste sec de la part de gâteau servie par le Chapelier et la posa devant lui dans un tintement cristallin.

Il aspira une bouffée de fumée qui se retrouva quelques secondes après dans l’air.

« Ne pousse pas l’indélicatesse, Chapelier », souffla t-il d’un œil sévère.

L’invité inopportun changea de sujet, prit soudain d’une sorte de jugement éclairé. Enfin, c’est ce que sa tête semblait signifier aux yeux d’Absolem, lequel s’était calé confortablement dans ses coussins, le visage peu à peu voilé par les volutes de fumée. C’était à se demander comment il pouvait fumer autant.

« D’ailleurs, que faisais-tu tout seul dans cette pièce ? »

Absolem pencha la tête sur le côté. Il ne comptait pas expliquer quelque chose d’aussi élevé que son projet à un être comme le Chapelier Fou, lui qui restait emprisonné dans un même temps, toujours à la même heure, l’heure du thé. Pour Absolem, le Chapelier Fou était piégé dans une spirale infernale. Il lui était impossible de se transformer comme comptait le faire la Chenille. Alors pourquoi perdre son temps à se lancer dans des explications sans fin ?
Le Chapelier n’attendit pourtant pas de réponse, puisqu’il conclut tout seul ses propres inepties et, par les moustaches du Jabberwocky, Absolem n’était pas certain de vouloir savoir ce qu’il se passait dans sa tête.

« Oh, je t’ai vraiment dérangé ! »

La Chenille se redressa aussitôt sur son coussin.

« Oui, c’est le mot ! », lança t-il alors qu’un rond de fumée en forme de O voletait dans les airs en tournant lentement sur lui-même.

« Je ne suis peut-être pas bien haut », poursuivit la Chenille avec sérieux, alors qu’un nouveau O se succédait au premier, « mais au moins je ne rétrécie pas. Or la Reine sait raccourcir les êtres... »

Joignant le geste à la parole, il coupa une part de gâteau et la porta à ses lèvres. Il fit la moue, mais avala bien vite sa bouchée. Il se permit un bref instant de torpeur, ses yeux luisant soudainement derrière les émanations de sa pipe.
Il savait parfaitement que le Chapelier comprendrait le sous-entendu. La Reine de Cœur pouvait se révéler impitoyable. Mieux valait l'aimer, malheureusement, cela ne suffisait pas toujours. Par chance, Absolem avait toujours réussi à demeurer neutre dans tout conflit quel qu'il soit, aussi évitait-il toujours les séances du tribunal où un procès équitable n'était qu'une vague notion facultative pour certains, une créature mythique pour d'autres. En revanche, le Chapelier n'avait pas eu cette chance...

« Voilà une chose que tu sais aussi bien que moi : à Nightmareland, tous les chemins mènent au château. Tous les chemins mènent à la Reine. »

La Reine était puissante. Fou était celui qui la défierait sur son propre territoire. Absolem préférait encore se quereller avec le Chat de Cheshire et s'assurer un empire dans l'ombre. Oui, l'ombre. C'est ce qui plaisait le mieux à la Chenille. Du moment que sa précieuse Forêt lui revenait dans son intégralité, alors peu lui importait les décisions prises par les autres clans.

A nouveau, il aspira une bouffée, le regard rivé sur son interlocuteur. Se peignit alors sur les traits d’Absolem une expression plus détendue, quoiqu’un peu trop condescendante. Le sourire enjôleur qu’il destinait à ses clients étira ses lèvres.

« D’ailleurs, tu ne m’as jamais dit ce que tu faisais de mes champignons. Les clients mystérieux sont-ils les meilleurs ou les pires ? »

Il prit un air ennuyé, la tête appuyée contre le creux de sa main. Ses yeux ambrés parurent soudain mornes et c'est d'une voix traînante qu'il demanda alors :

« J'ai aménagé une nouvelle pièce pour mon Fumoir. Elle donne directement sur les champignons. Veux-tu la voir ? »

Absolem ne poussait jamais à la consommation, non... Non ?

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MessageSujet: Re: Loin de chez soi, inutile d'avoir honte ! [Chapelier - Absolem]   Dim 21 Déc - 11:15

« Oui, c’est le mot ! » Le Chapelier regarda le rond de fumé, certes un peu jaloux de ce que la Chenille arrivait à faire avec juste un peu d’opium et de bons poumons…S’il en avait toujours…

« Je ne suis peut-être pas bien haut mais au moins je ne rétrécie pas. Or la Reine sait raccourcir les êtres... »

En servant sa tasse, il trouva que le thé était devenu incroyablement amer, il piqua un morceau de gâteau, le mangeant avec l’entière pensée qu’il ne fêterait sûrement jamais le non-anniversaire de la Reine.

Ou alors, il fallait qui trouve une nouvelle Alice, sauf qu’elle ne courrait pas les rues… Il se gratta le cou, pris d’une démangeaison soudaine.

« Voilà une chose que tu sais aussi bien que moi : à Nightmareland, tous les chemins mènent au château. Tous les chemins mènent à la Reine. »

« La question n’est pas où mènent les chemins mais de quelle manière on les prend. »

Le Chapelier avait failli perdre littéralement la tête, il avait peut-être échappé de peu à la décapitation à cause de l’affaire du Temps tué mais il avait déjà failli y passer de nombreuses fois par le passé. La Reine était susceptible au plu au point avec les personnes ne faisant pas attention à elle…Alors quand on était tête en l’air…

« Le contraire de l’amour n’est pas la haine mais l’indifférence. Et ça, la Reine l’a très bien compris. » Soupira-t-il en finissant sa tête, le regard perdue dans la fumée.

Il se rendit par la même occasion que celle-ci était devenue….presque imposante. Comme si celle-ci était devenue un mur protecteur de son hôte. Le Chapelier se dit qu’il n’avait pas encore vu celui-ci se battre sérieusement… Après, savoir s’il avait envie de le voir en action ou non était une autre question. Dans  le cas extrême…Qui gagnerait ?

« D’ailleurs, tu ne m’as jamais dit ce que tu faisais de mes champignons. Les clients mystérieux sont-ils les meilleurs ou les pires ? »

Il se demanda s’il devait vraiment répondre à la question… N’était-ce pas évident de ce qu’il en faisait ?

« J'ai aménagé une nouvelle pièce pour mon Fumoir. Elle donne directement sur les champignons. Veux-tu la voir ? »

Le Chapelier posa sa tasse sur la soucoupe, caressant le bord avec son doigt avec un sourire quasiment machiavélique.
On lui avait demandé une fois, un de ses membres, ce qu’il faisait dans la cuisine avec cet énorme pot rempli de champignons aux couleurs et odeurs étranges. Le Chapelier c’était fait un plaisir de lui apprendre comment sécher ses petits monstres à chapeaux et comment on pouvait les utiliser pour le thé. Le pauvre innocent n’avait plus voulut boire de thé pendant des jours avant de se laisser convaincre par le Chapelier que s’il ne prenait pas correctement le thé comme tout le monde, il finirait aussi sec que les champignons mais ce retrouver pas dans de l’eau chaude mais si pieds sous terre.

« Pour savoir ce que je fais des champignons... j’espère seulement que tu as aimé ma nouvelle recette ! »

Il poussa un petit rire avant de se relever d’un coup et son visage devint livide. Sa tête lui tourna pendant quelques secondes, comme si le monde était engloutis dans les vagues, tout tourner et il se demanda si finalement ce n’était pas cette sensation que l’on éprouver quand on ne tournait pas rond… quand on était fou… Il baissa son regard vers la Chenille…Se demandant comment il pouvait supporter tout ce poison.

« Comment arrives-tu à penser correctement avec toute cette fumée ? Il y a de quoi devenir fou ! »

Il eut un silence et il tourna sa tête vers son hôte, un air blasé venant barrer son front.

« Et je sais de quoi je parle ! Quand mes hommes viennent chercher ma livraison, ils reviennent la tête à l'envers !»

Le Chapelier soupira, s’approchant de la porte pour la faire coulisser d’un geste sec.

« Je suis bien intéressé par tes champignons… j'espère au moins avoir le choix d'en goûter quelques uns ! »

Si on commençait à parler affaires, le Chapelier était le plus lucide du monde. Certes, il n’hésitait pas à prendre en quantité sans compter mais il fallait que ça lui plaise. Donc goûter avant…
Peut-être est-ce la raison au fait qu’il se retrouvait parfois avec plus que ce qu’il c’était promis d’acheter…

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MessageSujet: Re: Loin de chez soi, inutile d'avoir honte ! [Chapelier - Absolem]   Lun 22 Déc - 19:24

Absolem prit soin de se redresser avec le plus de lenteur possible, ignorant l’œil machiavélique du Chapelier Fou. Il semblait soudainement moins confus, mais la Chenille n’en fut pas surpris. Lorsqu’il s’agissait d’affaire, il n’était pas le seul à se métamorphoser.

« Pour savoir ce que je fais des champignons... j’espère seulement que tu as aimé ma nouvelle recette ! »

Absolem baissa la tête, profitant du fait qu’il était debout et le Chapelier assis pour bénéficier de l’avantage de la hauteur. Autre particularité du chef des Carreaux : il était insensible aux effets des champignons hallucinogènes. Peut-être était-ce en partie à cause de son pouvoir qui créait lui-même des hallucinations. La Chenille n’avait jusqu’à présent jamais eu l’occasion de combattre ; il lui suffisait simplement de brouiller les sens et ainsi, il n’avait même pas besoin de lever le petit doigt. Mais voilà, un jour peut-être serait-il obligé de se mesurer à plus coriaces que ceux qui l’avaient défié jusqu’ici. Le Chat de Cheshire par exemple…

Absolem jeta donc un coup d’œil au gâteau et au thé :

« J’ai toujours apprécié la façon dont tes nouvelles recettes influençaient tes tenues vestimentaires », se contenta t-il de répondre sur un ton résolument neutre.

Difficile de savoir s’il était sérieux ou non. L’humour n’était pas la qualité première de la Chenille, quoiqu’il sache fort bien manier le sarcasme et l’ironie.

En un clin d’œil, le Chapelier fut debout, coupant court à cette réflexion culinaire et vestimentaire. Le trafiquant du Royaume de Carreau dut alors lever la tête pour constater l’état de son interlocuteur. Il oubliait toujours à quel point les effets de son Fumoir pouvaient agir vite sur autrui. Et encore, Le Chapelier résistait bien, comparé aux serviteurs qu’il envoyait habituellement. Souvent, Absolem leur envoyait ses gens pour les reconduire, car ils se perdaient parfois dans les couloirs, en proie à quelques divagations de l’esprit.
Absolem surprit le regard du Chapelier, aussi haussa t-il un sourcil.

« Comment arrives-tu à penser correctement avec toute cette fumée ? Il y a de quoi devenir fou ! »

Pour seule réponse, la Chenille porta sa pipe à ses lèvres et se confondit en un silence décent. Un silence lourd de sens, aussi…

« Et je sais de quoi je parle ! Quand mes hommes viennent chercher ma livraison, ils reviennent la tête à l'envers !»

« Je sais. J’ai eu du mal à faire partir le dernier ; il se prenait pour une lampe. Je l’aurais bien gardé en tant que tel si j’avais été convaincu qu’il y ait la lumière à l’intérieur… »

Cette petite anecdote n'empêcha pas les affaires de revenir au centre de la discussion.

« Je suis bien intéressé par tes champignons… j'espère au moins avoir le choix d'en goûter quelques uns ! »

Absolem passa par la porte coulissante que venait d’ouvrir le Chapelier. Il ne prit pas la peine de faire signe à ce dernier de le suivre, il connaissait bien la "maison". Et puis, la Chenille ne marchait jamais bien vite. D’ailleurs, Personne, ici, ne pensait jamais à aller vite et si cela avait pu leur traverser brièvement l’esprit, ils n’en auraient de toute évidence pas été capables.

Ils passèrent devant une pièce, dont les portes coulissantes étaient ouvertes, révélant un groupe de clients, venus se réunir pour jouer au majong tout en fumant. Comme toutes les autres, la pièce ne comportait que peu de décoration, Absolem aimant par-dessus tout ce qui était épuré. Si l’on avait l’esprit assez ouvert pour cela, on pouvait admirer l’extérieur, avec ses arbres aux formes biscornues dont les branches s’agitaient au gré du vent, faisant quelques fois tomber quelques feuilles sur le sol vert. Un peu plus loin, on pouvait même apercevoir la forêt de champignons géants. Il fallait bien avouer que le cadre dans lequel évoluait lentement le Fumoir était plutôt privilégié, à l’abri des nombreux dangers qui couraient à l’extérieur. Bien entendu, il fallait occulter l’idée qu’Absolem représentait lui-même un danger, aussi bien pour ceux qui venaient de l’extérieur que ceux vivant sur son territoire.

« Tu pourras goûter ce que tu veux, répondit enfin la Chenille. Tu sais bien ce qu’on dit : le client est roi. »

Ils longèrent le couloir à la lumière tamisée jusqu’à parvenir à l’autre bout, là où deux portes fermées de formes irrégulières gardaient l’entrée. Un serviteur se trouvait devant, le regard un peu lointain. Il s’acclimatait fort bien à l’ambiance des lieux. Pour intégrer le Fumoir d’Absolem et ainsi entrer à son service, il fallait résister aux hallucinations. Un long apprentissage, pas toujours évident.

« Maître Absolem », salua t-il. « Monsieur le Chapelier. »

Il s’effaça pour les laisser entrer, leur ouvrant même les portes. A l’intérieur une table basse carrée trônait au centre de la pièce. A côté, disposé près de coussins, se trouvait un narguilé.
Une douce lumière filtrait à l’intérieur et ses immenses fenêtres donnaient sur un petit bosquet de champignons.  

« Alors ? Qu’en dis-tu ? »

Justement, quelques champignons avaient été placés sur la table. Tous n’avaient pas la même couleur.

Absolem se tourna vers son client, lui désignant le plat.

« J’avais pensé à inviter la Duchesse ici, mais tu es venu le premier, alors tu auras le privilège de goûter avant elle. »

Un sourire malicieux prit peu à peu place sur les lèvres de la Chenille.

« Tu vois, mes petits travaux m’ont permis de produire quelques différentes sortes de champignons "magiques". Crois-moi, le sujet va te passionner. Le premier perturbe les sens ; il plonge son consommateur dans un état comateux et hors de la réalité. Jusqu’ici, rien d’inhabituel, tu connais la chanson. »

La raison principale pour laquelle on voulait se procurer ce genre de "produits", c’était pour échapper à la réalité, se sentir différent, accéder à autre chose. Absolem, qui lui-même recherchait parfois l’évasion, l’avait vite compris. Sauf que la Chenille ne semblait jamais pouvoir échapper longtemps à la tâche qui lui incombait depuis sa venue au monde : être la mémoire de Nightmareland et concentrer ses savoirs.

Le trafiquant prit un ton de maître de conférences, alors qu’il poursuivait :

« Le second devrait t’intéresser, tout comme il sera fort utile aux Alice qui viendront te voir : il crée un sentiment d’euphorie qui annihile les peurs. Du moins… pour une durée limitée. »

Le sourire d’Absolem s’élargit. Il connaissait le pouvoir tant redouté du Chapelier. Le meilleur moyen de le contrer, c’était de faire taire ses propres peurs afin qu’il ne les retourne pas contre soi. Bien entendu, ce n’était qu’un remède alternatif, efficace que sur un temps très court. C’était un peu comme prendre un médicament pour faire passer la douleur. Cela ne guérissait pas forcément. On racontait que les cauchemars générés par le chef du Royaume de Joker étaient si réalistes qu’ils prenaient le pas sur toute forme de raison chez leur victime.
Mais Absolem avait espoir de parvenir un jour à un meilleur résultat.  

« Quant à ma dernière création, je travaille encore dessus. Les résultats ne sont pas encore satisfaisants. »

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MessageSujet: Re: Loin de chez soi, inutile d'avoir honte ! [Chapelier - Absolem]   Mer 24 Déc - 17:24

Le Chapelier suivit tout naturellement son hôte, le regardant marcher d’une façon bien singulière. Ce n’était pas de la lenteur et pourtant comme si cela l’était. Une sorte de marche ralentit par le temps, cela piquer la curiosité du Chapelier qui se mit à marcher encore plus doucement pour essayer de déceler un secret surement inexistant.

En passant devant une pièce, les yeux carmin de l’homme au chapeau longèrent la salle, se demandant s’il y avait certains de ses hommes dans cet endroit. Il fallait avouer que pour être à son service, il fallait avoir une certaine dose de bon sens, de courage ou bien… Il fallait trouver un moyen,  n’importe lequel de tenir… La drogue y faisait partie.

« Tu pourras goûter ce que tu veux. Tu sais bien ce qu’on dit : le client est roi. »

Le Chapelier sourit, une telle proposition ne se refusait pas. Qu’allait-il donc trouver pour l’amuser ?
Ils se retrouvèrent tout deux devant des portes, le Chapelier ne se pencha pas de côté pour voir le servant mais regarda par-dessus l’épaule d’Absolem… Être petit avait ses bons côtés…pas toujours évident à voir, surtout pour celui qui avait une petite taille.

« Maître Absolem,  Monsieur le Chapelier. »

La première chose que vit le créateur de chapeau fut la pipe à eau, il aimait et détestait cette machine à la fois. L’utilisation était simple et donné un air nonchalant mais il y avait de nombreuses conséquences, le Chapelier haïssait principalement le fait d’avoir la gorge irrité et brulante vers la fin de l’utilisation de la Chicha.  C’est principalement pour cela qu’il utilisait d’abord et avant tout les champignons dans ses thés.

De plus, il ne savait rien faire d’autres avec la fumée que la recracher par la bouche dans une vague difforme ou bien s’amuser à faire le dragon avec ses narines… Ou bien parler avec la fumée encore dans sa bouche afin de rendre sa voix encore plus grave qu’elle ne l’était… Pas très sérieux…

Son regard fut ensuite attiré par la table et le paysage  donné en spectacle par les fenêtres.

« Alors ? Qu’en dis-tu ? »

« Sobre et élégant à a fois. » Complimenta-t-il.

« J’avais pensé à inviter la Duchesse ici, mais tu es venu le premier, alors tu auras le privilège de goûter avant elle. »

Le fait d’être le premier donnait un sentiment de fierté au Chapelier, comme s’il avait gagné une course. Il reporta son attention sur Absolem, qui lui sembla presque ressembler à un professeur vu son savoir qui se déversait de ses lèvres.

« Tu vois, mes petits travaux m’ont permis de produire quelques différentes sortes de champignons "magiques". Crois-moi, le sujet va te passionner. Le premier perturbe les sens ; il plonge son consommateur dans un état comateux et hors de la réalité. Jusqu’ici, rien d’inhabituel, tu connais la chanson. »

Son iris rouge fixa le premier champignon, se demandant si cela pourrait lui être utile et lui servir ou au contraire, tourner au cauchemar. Partir dans un endroit hors de la réalité peut-être aussi joyeux que désastreux. Il avait déjà eu cette mésaventure et il se demandait si sa raison pourrait survivre à ça. Un sourire étira ses lèvres, cela pourrait être amusant et effrayant à la fois.

« Le second devrait t’intéresser, tout comme il sera fort utile aux Alice qui viendront te voir : il crée un sentiment d’euphorie qui annihile les peurs. Du moins… pour une durée limitée. »

Son sourire disparut totalement devant celui d’Absolem, voilà un champignon auquel il ne s’attendait pas le moins du monde. Si les Alices et les habitants du Nightmareland n’avaient plus peur, même pendant une durée limitée, cela le dérangeait.

Il fixa la Chenille avec un regard plus sombre, il ne s’était jamais posé la question de ce que voulait réellement l’homme devant lui… Mais les champignons qui lui présentaient à présent n’étaient pas bon pour le Chef de Joker, est-ce un moyen pour Absolem de montrer qu’il était tout de même dangereux ou bien il faisait juste son rôle de dealer…

« Quant à ma dernière création, je travaille encore dessus. Les résultats ne sont pas encore satisfaisants. »

Le Chapelier baissa le regard vers les trois sortes, la dernière piquait sa curiosité vu que la Chenille n’avait rien dit de ses effets….Mais dans un autre sens…Ne rien savoir était quand même dangereux.
Il tendit ses doigts et les fit survoler les premiers champignons, les regardants, eux pauvres flores excentriques au drôle de forme, drôle de couleur et drôle d’effets.. Sans quitter les propositions du regard, il parla d’une voix douce.

« Voilà d’étranges choix que tu me proposes aujourd’hui…Pour tout t’avouer, je ne sais pas comment je dois réagir… »

Il prit le premier champignon, le caressant avec son pouce, regardant les filaments sous le chapeau se plisser sous ses gestes.

« Le premier est assez banal mais c’est justement ce point qui est intéressant…Car ce que l’on croit acquis ne l’est jamais totalement. Un détail peut toujours nous échapper, c’est pour cela qu’on doit toujours l’essayer encore et encore. Par-là, je veux dire que même si je prends souvent ce petit champignon, ce que je verrais ne sera jamais pareil. »

Il le reposa délicatement avant de se pencher vers le deuxième tournant son regard vers Absolem.

« Celui-là m’impressionne et me répugne à la fois. Je ne voudrais pas paraître indiscret mais…pour quelles raisons me proposes-tu cela ? Tu pourrais tout aussi bien me le cacher et le vendre aux Alices, elles seraient plus heureuses de savoir qu’elles ont une défense contre moi, aussi fragile soit-elle, que savoir que je connais l’existence de ce petit monstre ! »

Il tendit sa main comme s’il était sur le point d’écraser mais ne fit rien, laissant juste sa main destructrice en suspens. Il se rappela pendant quelque seconde de quand il était enfant, il ne voulait jamais ou jamais se souvenir et cela l’énerva. Il était contant d’être adulte maintenant, il n’était plus comme avant, il avait changé sur beaucoup de points…Aussi bien mentalement que physiquement. Son œil droit sous sa frange lui piqua pendant quelques secondes mais il décida de changer de sujet en parlant à Absolem.

« À moins que tu ais peur d’une chose et que tu essayes de trouver le moyen de te protéger au cas où… Je me retourne contre toi ? N’est-ce pas Monsieur je-sais-tout ? »

À force d’entasser les informations, la Chenille n’avait-elle pas peur de se rendre compte qu’elle avait tout faux depuis le début ou pire…De tout oublier ?

Le Chapelier Fou approcha sa main vers Absolem, comme une serre de  vautour se dirigeant vers sa proie, prête à lacérer, déchiqueter sa proie pour ne pas laisser une seule preuve du passage de sa victime dans ce monde. Le visage du Chapelier s’assombrit au fur et à mesure qu’il s’approchait de l’autre homme, son œil rouge fixait sans ciller ceux devant lui comme si il voulait les dévorer.

Il posa pose sa main sur l’épaule de la Chenille, lui tapotant avec familiarité sa pauvre épaule tout en souriant jusqu’aux oreilles, sa bonne humeur de nouveau au rendez-vous.

« Je rigole, je rigole ! Cependant le troisième me remplit d’une curiosité tellement grande que je le choisis. Quels sont ses effets pour que le grand et incroyable Absolem ne soit pas satisfait ? »

Sur ses paroles, le Chapelier prit l’un des champignons et sans plus attendre, le fit glisser dans sa bouche comme s’il dévorait une sucrerie. Il mâcha en fronçant des sourcils avant de l’avaler, se demandant ce qu’il allait lui arriver, peut-être allait-t’il grandir comme les champignons, devenir plus petit qu’une souris ou bien se transformer en animal….

« Pour ma part, je pense que c’est le gout ! Ça va être dur de l’utiliser pour le thé… »


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MessageSujet: Re: Loin de chez soi, inutile d'avoir honte ! [Chapelier - Absolem]   Jeu 1 Jan - 22:22

Hors-Rp:
 

Absolem laissa à son client l’espace suffisant pour jauger les fameux champignons, désormais centre de toute l’attention. La Chenille savait le Chapelier curieux et avide de nouvelles découvertes. Pour ce qu’il en faisait après… le chef des Carreaux ne pouvait pas tout savoir. Il en savait déjà assez pour vouloir oublier certaines choses.
Sans mot dire, le trafiquant observa son client, la pipe toujours coincée entre les lèvres. Ses yeux ambrés détaillaient le moindre geste, le moindre froncement de sourcil. Absolem était certain d’une chose concernant le Chapelier : on ne pouvait prévoir ses réactions. Mieux valait demeurer vigilent, quoiqu’il arrive, surtout après le petit effet que ses paroles avaient provoqué. La disparition instantanée du sourire que le chef des Joker arborait quelques minutes auparavant n’avait pas échappé à l’œil acéré de la Chenille. Qui sait ce qui se passait à présent dans la tête du Fou.

« Voilà d’étranges choix que tu me proposes aujourd’hui…Pour tout t’avouer, je ne sais pas comment je dois réagir… »

Une bouffée de fumée s’échappa d’entre les lèvres d’Absolem. Il se sentait à la fois amusé et suspicieux, mais il veilla à ne rien laisser transparaître, quoique ses yeux ambrés luisent un peu plus que de coutume.

« Le premier est assez banal mais c’est justement ce point qui est intéressant…Car ce que l’on croit acquis ne l’est jamais totalement. Un détail peut toujours nous échapper, c’est pour cela qu’on doit toujours l’essayer encore et encore. Par-là, je veux dire que même si je prends souvent ce petit champignon, ce que je verrais ne sera jamais pareil. »

Absolem acquiesça lentement, avant de laisser tomber telle une loi universelle :

« Ce que tu vois dépend essentiellement de toi. »

Toutefois, malgré l’intérêt de son client pour le premier champignon, la Chenille constata que ce dernier le délaissait pour se tourner vers la deuxième variété.

« Celui-là m’impressionne et me répugne à la fois. Je ne voudrais pas paraître indiscret mais…pour quelles raisons me proposes-tu cela ? Tu pourrais tout aussi bien me le cacher et le vendre aux Alice, elles seraient plus heureuses de savoir qu’elles ont une défense contre moi, aussi fragile soit-elle, que savoir que je connais l’existence de ce petit monstre ! »

La Chenille haussa un sourcil en voyant la main du Chapelier suspendue au-dessus du champignon. Il n’allait quand même pas écraser sa marchandise, alors qu’Absolem lui faisait l’honneur de lui accorder un statut de client privilégié ? Même la Duchesse elle-même n’avait pas encore touché à ces petites « merveilles » !

« Qui sait ? »

Le trafiquant, qui préféra jouer la carte du mystère, observa son client.

« À moins que tu ais peur d’une chose et que tu essayes de trouver le moyen de te protéger au cas où… Je me retourne contre toi ? N’est-ce pas Monsieur je-sais-tout ? »

La main du Chapelier fondit alors sur la Chenille. Ce dernier eut l’impression que des griffes acérées s’apprêtaient à se refermer sur lui. Il ne bougea pas d’un pouce, son expression demeurant la même que de coutume, si ce n’est que ses yeux s’arrondirent. Fallait-il pour autant penser qu’il n’éprouvait pas la peur ? Ce serait une erreur. Car, même s’il ne l’avouerait jamais, Absolem se sentit glacé de l’intérieur. Un frisson lui traversa l’échine durant quelques secondes devant l’expression terrifiante du Chapelier Fou. Il connaissait le danger, il l’avait même provoqué. Allait-il payer le prix de son audace et de sa trop grande confiance ?

Alors qu’il réfléchissait à toute allure pour trouver une solution in extremis, rien ne vint et le calme reprit ses droits. Pourtant, la Chenille ne put se départir de cette sensation de froid dans son corps.

« Je rigole, je rigole ! Cependant le troisième me remplit d’une curiosité tellement grande que je le choisis. Quels sont ses effets pour que le grand et incroyable Absolem ne soit pas satisfait ? »

Absolem tiqua au mot « grand », agacé à l’idée que le Chapelier lui lance une nouvelle pique sur sa taille. Il ne fallait JAMAIS parler de taille à Absolem. Or, là, cela commençait à faire beaucoup. Oubliant ses craintes, la Chenille reprit une expression agacée et surtout glaciale.

« Ton humour a toujours été douteux. C’est justement le fait qu’il n’y ait pas d’effet qui m’insatisfait », grogna le trafiquant tandis qu’une avalanche de F en fumée s’échappait de ses lèvres.

La Chenille n’était pas le genre d’idiot que l’on pouvait duper si aisément. Il savait fort bien que le Chapelier ne plaisantait pas, malgré ce que ce dernier venait de dire. Absolem comprenait le message : s’il se risquait à trop marcher sur les plates bandes du chef des Joker, il encourait des représailles.

« Pour ma part, je pense que c’est le goût ! Ça va être dur de l’utiliser pour le thé… »

« Pour ça, vois avec la Duchesse », éluda la Chenille, les paroles accompagnées d'un geste évasif de la main.

Absolem commença à arpenter la pièce de sa démarche lente, presque mécanique. Il avait posé sa pipe sur un petit meuble qui traînait là et il se planta près des fenêtres pour observer un instant le paysage. Il ne se lassait pas de ce cadre idyllique et hors du temps. Où qu’il aille, il finissait toujours pas revenir dans sa forêt bien aimée. Mais, une ombre noircissait le tableau : le Chat de Cheshire. Toutefois, ce n'était pas le moment d'éprouver de l'amertume, aussi Absolem repoussa t-il ces pensées.

Les effets n’allaient pas tarder à se manifester. Néanmoins, La Chenille n’était pas certain que le champignon provoquerait la réaction tant attendue.

« J’ai bien des peurs, Chapelier, et je te mets au défi d’en trouver ne serait-ce qu’une seule, déclara t-il de but en blanc avec présomption, mais une parfaite conviction. Tu ne te retourneras pas contre moi, parce que je suis encore l’une des rares personnes de Nightmareland à ne pas t’avoir tourné le dos. »

Joignant le geste à la parole, Absolem pivota, se retrouvant face à son client.

« Tu contribues à mon "trafic", après tout, non ? Alors, parlons affaires. Et si je te disais que ce champignon –une fois qu’il aura atteint le stade voulu- pourrait provoquer des visions ? »

Absolem laissa un léger silence alourdir l’ambiance. Pour l’instant, les effets pouvaient provoquer une sorte de transe, mais elle ne s’accompagnait pas toujours de visions. Et quand bien même se manifesteraient ces dernières, il n’était pas certain que le message serait compréhensible. Néanmoins, il fallait bien un début à tout. Et Absolem ne comptait pas s’arrêter là. Bien entendu, il n’ébruiterait pas ses découvertes. Il veillait sur son petit secret, convaincu qu’un jour cela lui donnerait un certain avantage.

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MessageSujet: Re: Loin de chez soi, inutile d'avoir honte ! [Chapelier - Absolem]   Ven 2 Jan - 21:42

« Pour ça, vois avec la Duchesse. »

Le Chapelier passa sa langue sur ses lèvres, cela lui laissait une étrange amertume dans la gorge… Comme si on lui avait fait croquer la peau d’une orange ou d’un citron et il savait de quoi il parlait…

Il regarda la Chenille s’éloigner, déambuler dans la pièce, piochant machinalement sur la table et reprenant un petit champignon. Il le mit dans sa bouche avant de grimacer, sa bouche se tordit sous l’horrible goût… avant d’avaler, se demandant s’il s’y habituerait s’il en reprenait un, il tendit de nouveau sa main, après tout, on lui avait dit qu’il pourrait goûter des champignons, on ne lui avait pas donné de nombre défini. En remarquant qu’ Absolem allait parler, il mit les mains derrière lui, souriant juste comme un innocent et se mit à se balancer d’avant en arrière lentement. Se sentant en lévitation, très discrète sensation qui le rendait soudainement heureux.

« J’ai bien des peurs, Chapelier, et je te mets au défi d’en trouver ne serait-ce qu’une seule. Tu ne te retourneras pas contre moi, parce que je suis encore l’une des rares personnes de Nightmareland à ne pas t’avoir tourné le dos. »

Le Chapelier ne put le contredire sur ce dernier point. Il avait perdu beaucoup en une seconde, tous ceux qu’il croyait amis s’étaient rapidement retourné contre lui. Par haine ou bien parce qu’ils ne voulaient pas avoir leurs noms tâchés par le Chapelier. Il se sentit triste sur le coup, son égo étant touché par cette remarque, la vérité faisait mal à bien des égards, surtout quand elle venait de l’extérieure. Cependant, cette impression disparut, noyé par un état plus doux, un calme olympien se figea sur son visage. Jusqu’à qu’il vit quelque chose derrière les paravents, une ombre, qui se dissipa aussi vite qu’elle était venu, Luther ne sut pas si c’était la réalité ou l’effet de transe qui lui avait montré cela.

« Tu contribues à mon "trafic", après tout, non ? Alors, parlons affaires. Et si je te disais que ce champignon –une fois qu’il aura atteint le stade voulu- pourrait provoquer des visions ? »

Il eut un gros silence, le Chapelier fixant juste Absolem, se balançant toujours aussi lentement, qu’est-ce qu’il avait pu voir à l’instant ? Son regard partit vers le plafond qu’il scruta avec la plus grande attention, en effet, l’ombre était de nouveau présente au-dessus de l’homme qui lui avait donné les petits cauchemars de champignons, pensant que ce n’était qu’une vision qui partirait, il se mit à regarder Absolem en parlant vite pour penser à autre chose.

« Je n’avais jamais remarqué que les gens du fumoir étaient aussi nombreux. Qui sont-ils ? Peu importe quel type de personne ils sont, s’ils sont petits comme toi ! Non, ça n’a pas d’importance ! Oublies ce que je viens de dire ! »

Le Chapelier se dit qu’il aurait dû se taire, il reprit sa respiration et décida de sauver l’ambiance qui commençait être dangereuse vu le regard de braise devant lui.

« Pour tout t’avouer, je me demande si tu vois les choses comme moi ou si par ce que tu es plus petit, le monde te semble si vaste ? Est-ce que tu aimes les choses qui sont petites ou mignonnes ? Je me demande si tout le monde les apprécie comme moi ? Si c’est le cas, ils sont fous! »

Il ferma ses lèvres avant de faire un petit sourire, il lui semblait qu’au plus les mots sortaient de ses lèvres, plus cela l’empêcher de sortir de cette situation..

« Mais n’entrons pas dans les détails ! N’y pensons pas trop aussi ! Surtout toi ! Nous ne pouvons pas passer notre vie à réfléchir si être petits ou mignons nous permet de voir les choses en grand ! Souviens-toi en ! »

Le Chapelier se mit à rire avant de regarder de nouveau vers le plafond, prenant un air lugubre. L’ombre prenait une forme de plus en plus humaine au-dessus d’Absolem, il pouvait déjà distinguer deux mains aux ongles semblables à des griffes.

« Tu n’es pas censé être là. »

Elles descendirent lentement vers la tête de l’homme, chaque doigts se mouvant indépendamment, Luther n’attendit pas et tendit la main vers le col de la Chenille, le tirant vers lui avec violence.

« Ah ! »

Il se rendit compte de son geste un peu déplacé et remit le col froissé tant bien que mal d’Absolem dans son état d’origine.

« Je suis désolé de ce geste brusque et impoli Chenille, une affreuse araignée tentait de t’agripper. Mais je te rassure, les petites bêtes ne mangent pas les grandes… Enfin, tu m’as compris ! »

Il recula un peu et enleva son chapeau, refaisant le nœud en faisant attention à ne pas abimer le iris blanc attachés.

« Les visions ne sont les conséquences que de la drogue n’est-ce pas ? Je veux dire, que je pourrais dire et agir comme je le souhaite à partir de maintenant, cela sera mis sur le compte des deux petits champignons que j’ai mangé !»

Il remit son chapeau, ses doigts pincèrent le bord du chapeau tandis qu’il fit un pas en avant, levant la tête vers le plafond, vers l’ombre qui avait un regard aussi bleu que l’océan.

« Alors ne trouves-tu pas cela amusant que notre petite Alice soit avec nous ? »

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MessageSujet: Re: Loin de chez soi, inutile d'avoir honte ! [Chapelier - Absolem]   Dim 4 Jan - 19:22

Le Chapelier devenait distrait, Absolem le sentait depuis quelques minutes déjà. Ses grands yeux inquisiteurs n’avaient pas quitté la silhouette de son client qui se balançait d’avant en arrière. Comme s’il s’agissait d’un cobaye, il guettait la moindre manifestation des effets du champignon. Déjà le regard du Chapelier se faisait plus vitreux, suivant des formes inexistantes.

« Je n’avais jamais remarqué que les gens du fumoir étaient aussi nombreux. Qui sont-ils ? Peu importe quel type de personne ils sont, s’ils sont petits comme toi ! Non, ça n’a pas d’importance ! Oublies ce que je viens de dire ! »

Une ride barra le front d’Absolem. Voilà pourquoi le Chapelier n’était pas un cobaye comme les autres : il était bien plus pénible. C’est ce genre de client qui rendait le commerce difficile ! Il fallait garder son calme avec eux, mais il défiait sans cesse la limite de patience que le trafiquant s’était fixée. Et la Chenille n’avait guère de patience lorsqu’il s’agissait de sa taille.
Son regard devint lourd et agressif.

« Je n’oublie pas grand-chose, Chapelier, lança t-il d’une voix parfaitement calme mais glaciale. En revanche, il serait bon pour toi de t’en souvenir. »

La Chenille croisa les bras tandis que son interlocuteur faisait mine de parler.

« Pour tout t’avouer, je me demande si tu vois les choses comme moi ou si par ce que tu es plus petit, le monde te semble si vaste ? Est-ce que tu aimes les choses qui sont petites ou mignonnes ? Je me demande si tout le monde les apprécie comme moi ? Si c’est le cas, ils sont fous! »

Absolem souffla bruyamment et il en vint à regretter d’avoir posé sa pipe. Une aura noire l’enveloppa petit à petit, alors que son visage prenait un aspect des plus effrayants.

« Tu veux savoir ? On ne se méfie pas assez de ce qui est petit »

Il rêvait à cet instant d’anéantir le sourire du Chapelier, comme de toute personne qui osait se moquer de sa hauteur relative.

« Mais n’entrons pas dans les détails ! N’y pensons pas trop aussi ! Surtout toi ! Nous ne pouvons pas passer notre vie à réfléchir si être petits ou mignons nous permet de voir les choses en grand ! Souviens-toi en ! »

Absolem leva les yeux au ciel, franchement excédé, mais il ne prêta plus guère attention aux inepties du Chapelier qui divaguait peu à peu. Ou du moins, il mit dans un coin de sa tête les remarques vexantes, prêt à les ressortir à la moindre occasion. La susceptibilité de la Chenille ne souffrait pas que l’on se moque aussi ouvertement de lui et il se promit de le faire payer à ce Fou.

Il laissa donc son client dans ses délires, préférant ranger les restes de champignon, avant que l’autre ne se mette en tête d’en reprendre. Le trafiquant avait eu sa dose de contrariété.

« Tu n’es pas censé être là. »

Le chef des Carreaux haussa un sourcil, redressa soudainement la tête d’un air interrogateur en direction de son visiteur. Des hallucinations ? Alors les effets escomptés ne venaient toujours pas. Cela le contraria et il reprit sa place près de la fenêtre, l’esprit songeur. Mais alors qu’il réfléchissait à son échec, la main du Chapelier s’abattit sur lui, ses doigts se refermant brusquement sur son col. Il avait bougé si vite que lui coller une beigne ne put que traverser l’esprit de la Chenille, sans se réaliser. Tiré vers son client, il fut bien trop surpris pour pouvoir encore fulminer. Voilà ce que redoutait toujours Absolem lorsqu’il recevait le leader des Jokers : les imprévus !

Néanmoins, le peu de lucidité qui restait à l’homme au chapeau lui permit de rajuster le col de la Chenille. Ce dernier s’empressa de vérifier que la soie de ses vêtements asiatiques n’était pas froissée, un bien maigre espoir. Il replaça lui-même la fourrure blanche sur son épaule d’un geste agacé.

« Je suis désolé de ce geste brusque et impoli Chenille, une affreuse araignée tentait de t’agripper. Mais je te rassure, les petites bêtes ne mangent pas les grandes… Enfin, tu m’as compris ! »

A nouveau, Absolem fut bien en peine de dissimuler sa colère. Tout son visage parlait mieux que de simples mots. Néanmoins, la Chenille se refusait à perdre son sang-froid. Il réprimandait assez ses serviteurs là-dessus.

« Les visions ne sont les conséquences que de la drogue n’est-ce pas ? Je veux dire, que je pourrais dire et agir comme je le souhaite à partir de maintenant, cela sera mis sur le compte des deux petits champignons que j’ai mangé !»

« Ne prends pas trop de libertés, non plus », grinça la Chenille, suivant d’un air de tueur le regard du Chapelier rivé au plafond.

« Alors ne trouves-tu pas cela amusant que notre petite Alice soit avec nous ? »

Sur le coup, Absolem en oublia toute sa colère, comme si un raz-de-marée venait de lui passer dessus. Il ouvrit de grands yeux, observant à son tour le plafond, tout en sachant pertinemment qu’il n’y verrait rien.

« Tu sais aussi bien que moi qu’il est dangereux de plaisanter sur ce sujet, Chapelier. »

L’expression du visage du trafiquant avait perdu de son côté hautain pour devenir nettement plus grave. Certains souvenirs ne devaient jamais ressurgir des tréfonds de la mémoire, pour la simple raison qu’ils étaient dangereux. Pour celui qui les ramenait à la surface, bien sûr, mais aussi pour celui qui les avait provoqués.

Absolem fit coulisser une cloison qui donnait sur l’extérieur, puis il agrippa le Chapelier un peu sèchement par le bras, le conduisant dehors, là où l’air se faisait plus respirable. Les effets ne disparaitraient pas si vite, mais demeurer confiner dans la pièce avec les vapeurs d’opium qui trainaient dans les couloirs n’aiderait pas.

« Même moi, je ne suis pas assez cruel pour créer de telles hallucinations », laissa tomber le chef de ce royaume.

Quelque chose le tourmentait néanmoins : s’agissait-il vraiment d’hallucinations ou de souvenirs ? Se pouvait-il qu’il s’agisse d’une vision ? Non… Pas à propos d’Alice. Tout s’était détraqué depuis ce fameux jour… Tout… La douleur que ressentait Absolem dans son dos s’intensifia. Toujours cette sensation que quelque chose à l’intérieur cherchait à s’en extirper.

« Assied-toi là. Les effets devraient s'estomper et cela vaut mieux pour nos têtes. Il y a des sujets tabous à Nightmareland... »

La Chenille désigna à son visiteur un champignon de la hauteur d’un siège qui traînait dans la cour extérieure, donnant sur la forêt. Tout semblait parfaitement calme à cette heure ci. Pendant ce temps, il retourna chercher sa pipe, sentant le brusque besoin de fumer. Encore sous le choc, il faillit se prendre les pieds dans ses vêtements, manquant de peu de s’étaler sur l’une des trois marches qui conduisaient à l’intérieur. Il pria intérieurement pour qu’un certain Fou soit trop dans son « délire » pour ne pas l’avoir vu.

Lorsqu’il revint dehors, il s’approcha de son client, une lueur suspicieuse dans le regard, tandis que la douleur le tiraillait toujours, mettant à mal ses omoplates. Il s'efforça de conserver un air neutre, mais la tension qui régnait sur son esprit demeurait visible à la surface de son visage.

« Que vois-tu, alors ? Pourquoi Alice ? As-tu eu une vision ? »

Les questions sortirent les unes à la suite des autres, de façon oppressante, mais Absolem ne pouvait se contrôler. Il avait besoin de savoir, car l’idée même de ne pas savoir quelque chose le rendait fou.

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MessageSujet: Re: Loin de chez soi, inutile d'avoir honte ! [Chapelier - Absolem]   Mer 14 Jan - 21:03

« Tu sais aussi bien que moi qu’il est dangereux de plaisanter sur ce sujet, Chapelier. »

Le Chapelier baissa son regard vers la chenille, s’il avait le cœur à rire il lui aurait sorti qu’à force de prendre un air aussi grave, il allait avoir des rides. Mais ce n’était pas le moment pour les plaisanteries se dit le fabriquant de chapeau, se rendant compte que son illusion prenait un air de plus en plus humain.

Il eut soudain une idée, si cela n’était que le résultat d’une vulgaire illusion, il n’avait qu’à tendre les bras et dissiper ce rêve douloureux. Luther tendit la main, s’apprêtant à détruire pour une deuxième fois le temps quand il fut tiré par une force qui le surprit de la part d’une chenille.

Sortant, l’air frappa le visage du Chapelier. Comme une claque pour le réveiller d’un rêve, il eut un frisson en fixant Absolem puis l’environnement autour de lui. Ce qui l’impressionna la première fois qu’il était venu ici était ses immenses champignons. La discrétion n’allait pas avec ce lieu malgré ce que l’on disait, du moins, c’était l’avis du patron des Joker.


« Même moi, je ne suis pas assez cruel pour créer de telles hallucinations »

« Tu insinues que je suis cruel ? » Ricana le Chapelier en esquissant maladroitement un pas puis un autre.

Il s’attendit à une réponse mais remarqua qu’Absolem était concentré, certainement sur les éléments qui venaient de se passer. Un voile de douleur rapide passa d’ailleurs sur son visage et le Chapelier pencha la tête avant de voir que son illusion arrivait tout doucement vers eux.

« Assied-toi là. Les effets devraient s'estomper et cela vaut mieux pour nos têtes. Il y a des sujets tabous à Nightmareland... »

Le regard et le visage du Chapelier s’illumina, Absolem s’inquiétait donc pour lui ?
Il voulut tendre les bras et serrer dans un élan de sincère amitié naissante son bienfaiteur quand celui-ci partit.

Le Chapelier se tourna alors vers le champignon géant, se demandant comment une aussi petite personne pouvait monter dessus sans aide… Il posa ses mains sur la matière douce du chapeau du champignon et élança une jambe au-dessus de celle-ci, malheureusement, il se rendit compte qu’il ne pourrait pas la redescendre, sa hanche refusant de faire le sens inverse. Son visage se décomposa quand il se demanda comment faire pour être entièrement sur le champignon.

L’ombre à côté de lui s’élança agilement sur le champignon et s’assit avec élégance, les pans de sa jupe blanche voletant autour de ses jambes. Un rictus vient sur le visage de Luther, se sourcils sursautant à cause de ses nerfs mis à rude épreuves.

« J’aurais dû me mettre à la gymnastique quand tu me le disais…. Je n’ose même pas imaginer comment Absolem fait pour monter dessus ! »

En finissant sa phrase, il finit par s’élancer, plantant ses doigts dans la matière molle tout en soupirant. Le Chapelier s’assit enfin, en vainqueur, fixant l’horizon comme s’il avait gravit des sommets. Il se demanda si quelqu’un l’avait vu, en pleine difficulté, avoir essayé de monter sur un champignon. Déjà Absolem revenait, son visage aussi tendu que tout à l’heure.

« Que vois-tu, alors ? Pourquoi Alice ? As-tu eu une vision ? »

Les questions sortirent les unes à la suite des autres, de façon oppressante, mais Absolem ne pouvait se contrôler. Il avait besoin de savoir, car l’idée même de ne pas savoir quelque chose le rendait fou.

Il regarda à côté de lui, les deux perles bleues étaient désormais encadrées par des mèches virevoltant comme de la fumée.
. Luther enleva son chapeau et le posa à côté de lui, se frottant ensuite les tempes comme si ce geste pouvait faire partir toutes ses hallucinations.

« Ce que je vois ? Je vois quelqu'un que j’ai tué et dont j’espérais ne plus voir le visage avant un bout de temps. » Il ricana amèrement en posant sa tête sur la paume de sa main, fixant a Chenille depuis sa hauteur.

« Mais dis-moi plutôt ce que tu as peur que je vois !»

Le Chapelier croisa les jambes en pencha la tête, fixant la forme fantomatique quand celle-ci disparut dans un brouillard épais. Brume qui avala tout ce qu’elle pouvait toucher avant de disparaitre dans un souffle. L’œil apparent du Chapelier la chercha, comme si, finalement, il s’était habitué à sa présence. Un papillon passa soudainement devant lui, le surprenant, il sembla à Luther que les ailes du papillon étaient beaucoup plus abimés qu’un papillon normal. Les yeux du Chapelier s’écarquillèrent avant que son visage prenne un air plus calme, regardant la nouvelle hallucination avant de la commenter pour celui qui ne devait rien voir en ce moment.

« Ces ailes qui ne devraient pas être capable de voler, virevoltent. Je me demande où il compte aller comme ça ce petit papillon…. »

Le Chapelier reposa son regard vers celui d’Absolem, souriant.

« Après tout, il n’y a aucune fleur ici. Il risque de mourir à force de rester dans cet endroit, tu ne crois pas ? »

Son sourire s’élargit un peu plus en sautant sur le sol, récupérant son chapeau et le posant soigneusement sur sa tête.

« Il pourrait se faire arracher les ailes par un cruel animal ou bien… un humain. »

Il esquissa un pas, puis un autre, se tournant vers Absolem.

« Qu’en penses-tu ? »

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MessageSujet: Re: Loin de chez soi, inutile d'avoir honte ! [Chapelier - Absolem]   Dim 18 Jan - 14:17

Absolem aurait volontiers secoué le Chapelier pour que la réponse naisse plus vite.

« Ce que je vois ? Je vois quelqu'un que j’ai tué et dont j’espérais ne plus voir le visage avant un bout de temps. »

L’expression d’Absolem se figea. Il était rare de voir le Chapelier évoquer lui-même l’affaire du Temps tué. Surtout en des termes aussi crus. Pas de métaphore pour enjoliver le crime.

« Comme si tu avais encore la notion du temps… », répondit simplement la Chenille qui ne se laissa pas émouvoir, parce que peu de choses étaient capables de le faire véritablement.

« Mais dis-moi plutôt ce que tu as peur que je vois !»

Le trafiquant ne s’était pas attendu à ce genre de réplique. Il en fut fâché, car le Chapelier avait certainement dû sentir son appréhension. Il s’était révélé, perdant son sang-froid pour en savoir plus. Or Absolem détestait perdre son sang-froid. Il fallait bien une personne telle que le Chapelier pour le pousser aux limites de sa patience relative. Quoique, le Chat s’en chargeait plutôt bien aussi. Rien qu'à cette pensée, sa mine se renfrogna, alors qu’une nouvelle vague de douleur traversait ses omoplates.

« Pour que tu utilises mes propres peurs, ensuite ? Ne sois pas ridicule. »

Le chef des Carreaux jeta un œil vitreux à son client. Ce dernier semblait de nouveau perdu dans un délire hallucinatoire, qui le rendait particulièrement plus agaçant que de coutume. C’était à se demander pourquoi Absolem acceptait encore de le recevoir plutôt que de le renvoyer à ses serviteurs. Peut-être parce que ces derniers n’auraient pas les nerfs assez solides ? Quoiqu’il en soit, la plupart des personnes qui gravitaient autour d’Absolem se demandait bien souvent comment qualifier les deux dirigeants. Impossible de déterminer s’ils se trouvaient du même côté -ou du moins partageaient les mêmes intérêts- ou s’ils étaient, au contraire, deux ennemis contraints de communiquer.

Et le Chapelier ne fit que jeter un peu plus de troubles, lorsqu’il lança soudainement :

« Ces ailes qui ne devraient pas être capable de voler, virevoltent. Je me demande où il compte aller comme ça ce petit papillon…. »

Son sourire déplut aussitôt à Absolem. Simple hallucination ou vision ? Comment savoir. Peut-être n'était-ce rien de plus qu'une simple image née d'un esprit torturée ou bien un message codé. La Chenille aurait aimé savoir, mais à cet instant, il n'était sûr de rien. Quelle situation exécrable !

« Après tout, il n’y a aucune fleur ici. Il risque de mourir à force de rester dans cet endroit, tu ne crois pas ? »

Absolem garda le silence. Il n’aimait pas la tournure que prenait cette conversation. Pour l’interlocuteur lambda, il s’agissait d’un simple délire. Mais le trafiquant cernait parfaitement les sous-entendus. Il savait lire entre les lignes et celles-ci devenaient tortueuses et bien amères.

« Il pourrait se faire arracher les ailes par un cruel animal ou bien… un humain. Qu’en penses-tu ? »

Il le testait, cela devenait évident. Il repoussait ses limites, mais le chef des Carreaux ne craquerait pas. Il ne comptait pas céder à la peur et permettre au Chapelier d’obtenir un avantage sur lui. Lui-même se donnait tellement de mal pour conserver une longueur d’avance sur son client.

« S’il a choisi cet endroit, c’est qu’il a ses raisons. »

Absolem croisa les bras, le visage fermé. Cela faisait un moment que sa pipe restait bloquée dans le creux de sa main, diffusant sa fumée nocive dans l’air. Afin de calmer ses nerfs et la douleur qui l’obligeait à se voûter légèrement, le trafiquant porta son objet fétiche à ses lèvres, inspirant une bouffée avec un empressement étrange venant de lui, toujours si lent et mécanique. Puis la torpeur l’envahit de nouveau, comme l’on s’enveloppe d’une couverture bien chaude dans la froideur de l’hiver. La douleur s’estompa, lui permettant de reprendre une posture plus digne.

« Un animal ne se méfiera jamais assez d’un papillon qui se tient loin d’un coup de griffe traître. Le monde est vaste et les papillons passent souvent à travers les mailles du filet quand les fauves eux-mêmes sont mis en cage. »

Les yeux de la Chenille se posèrent sur le Chapelier, à travers la fumée qui dansait devant son visage.

« Quant à un humain… »

La Chenille se mit à rire, crachotant en même temps des nuages de fumée qui planaient un moment dans l’air avant de s’évaporer complètement.

« Le papillon est un idéal pour mon clan, expliqua t-il sur le ton d’un maître de conférence. Il incarne l’idée même de la mutation. L’humain assez fou pour lui arracher les ailes ne sortira jamais vivant de cet endroit. »

Tout juste après avoir prononcé ces mots, le visage souriant d’Absolem redevint instantanément sombre, tout sourire ayant déserté ses lèvres, comme si le reste n’avait été qu’une vague illusion. Ne restait plus que ses mots qui sonnaient comme une menace.
Il finit cependant par pencher la tête, esquissant quelques pas d’une lenteur presque exaspérante. Pire même, tout semblait tourner au ralenti, au rythme d’Absolem, dès que l’on posait les yeux sur cette petite silhouette.

« Dis-moi, Chapelier, que penses-tu du Chat ? Ceux qui pénètrent dans cette Forêt ne peuvent ignorer notre petit… différent. »

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MessageSujet: Re: Loin de chez soi, inutile d'avoir honte ! [Chapelier - Absolem]   Mer 28 Jan - 21:10

« S’il a choisi cet endroit, c’est qu’il a ses raisons. »

Le Chapelier sourit en penchant la tête, il était incroyablement surpris que le trafiquant ne réagisse pas comme il l’avait espéré.
Absolem le surprenait toujours, dès que le Chapelier pensait le connaître, lui et ses réactions, la Chenille agissait différemment. Il ne savait jamais comment il allait répondre à ses paroles et ses actes, c’était peut-être pour cela que le Chapelier ne lui faisait pas la guerre…ou à cause des champignons.

« De drôles et curieuses raisons… » Souffla-t-il.

« Un animal ne se méfiera jamais assez d’un papillon qui se tient loin d’un coup de griffe traître. Le monde est vaste et les papillons passent souvent à travers les mailles du filet quand les fauves eux-mêmes sont mis en cage. »

Ils croisèrent leurs regards et le Chapelier ne put qu’admettre qu’Absolem avait raison sur ce point..

Avait-il déjà eut tort d’ailleurs ?

Le Chapelier se dit que la seule chose qui pouvait vraiment attraper un papillon n’était peut-être ni un animal ni un humain mais quelque chose d’aussi cruel qu’un humain et aussi discret que certains animaux. Les arachnides n’étaient-elles pas les plus grandes prédatrices des papillons ? Elles étaient assez patientes pour confectionner une toile et ainsi enchainer le papillon à une fin morbide et douloureuse…

« Quant à un humain… »

Absolem se mit à rire et Luther fit un bond en arrière de surprise, il avait plus de chance de rater un goûter que de voir la Chenille... rire… si on pouvait appeler ça rire.

« Le papillon est un idéal pour mon clan. Il incarne l’idée même de la mutation. L’humain assez fou pour lui arracher les ailes ne sortira jamais vivant de cet endroit. »

Un frisson passa le long de la nuque du Chapelier qui se mit à frotter ce petit espace de peau non recouvert par son foulard.

« Cette phrase ressemble plus à une promesse qu’une menace, tu devrais faire attention, tu risques d’effrayer tes clients comme ça ! »

« Dis-moi, Chapelier, que penses-tu du Chat ? Ceux qui pénètrent dans cette Forêt ne peuvent ignorer notre petit… différent. »

Deux yeux ronds appartenant au fabricant de chapeau se posèrent sur l’homme habillé de soie. Il ouvrit la bouche puis la referma, penchant la tête avant de se gratter le menton d’un air suspicieux.

« Selon ce que je vais répondre… Ça  va déterminer le prix des champignons ? » Demanda-il avant de froncer les sourcils. Prenant un air des plus sérieux.

À vrai dire, le Chapelier n’avait cure de cette guerre entre les deux chefs de clans, son excuse principale était que cela ne le concernait pas mais manifestement il devait au moins répondre ce qu’il en pensait à cet instant précis. Et cela ne lui plaisait guère car ce n’est pas lui qui avait causé cette guerre. Il réfléchit encore quelques secondes avant de dire avec un air sur de lui.

« Je pense qu’avant toute chose, Toi et le Chat vous ressemblez beaucoup. Vous avez tous les deux un point commun, la forêt. Vous vous battez pour celle-ci ou bien pour une chose encore plus importante que cet endroit. »

Il s’enroula une mèche de cheveux grise autour de son doigt, s’amusant à la faire s’onduler dans tous les sens.

« Je suis certain que tu es au courant de cette petite rumeur comme quoi tu lui aurais volé une chose importante. »

Il hocha la tête en espérant voir un aveu dans le regard du trafiquant.

« Bien sûr, je ne te désigne comme le coupable mais j’imagine qui si tu avais cette chose en ta possession, tu saurais quand l’utiliser pour que cela te soit le plus favorable... »

Le Chapelier se mordit les lèvres en essayant de s’empêcher de sourire, mais ses lèvres se plissèrent, blanchit pendant quelque secondes avant de prendre sa teinte normale, puis il baissa le bord de son chapeau, cachant son regard.

« Si j’avais un moyen de pression comme celui-ci, qui sait ce que je pourrais faire. Certainement le faire marcher et le torturer mentalement jusqu’à qu’il devienne fou. Hum, cela serait amusant n’est-ce pas Chenille ? »

Il releva soudainement la tête, prenant un air presque idiot.

« Ou alors, je l’obligerais à boire le thé avec moi ! Je me demande tout de même ce que ça peut être… »

Luther alla se placer le dos contre le mur, prenant une pause de réflexion qui ne lui allait guère.

« Je me demande ce que ça pourrait être… Un objet peut-être, un souvenir ou bien… Peut-être un sentiment. Cela pourrait être tout comme n’importe quoi, nous sommes à Nightmareland après tout ! »



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MessageSujet: Re: Loin de chez soi, inutile d'avoir honte ! [Chapelier - Absolem]   Sam 31 Jan - 15:39

Absolem observa d’un œil dépité l’expression que prenait son interlocuteur. Il jugea que celle-ci faisait insulte à son intelligence, le faisant ressembler à un poisson rouge tout juste sorti de l’eau. Soit il ne s’attendait pas à la question, soit il ne savait pas quoi répondre. Peut-être les deux, aussi. Comment savoir ? Ah mais Absolem était sensé tout savoir, justement !

« Selon ce que je vais répondre… Ça  va déterminer le prix des champignons ? »

« Possible », répondit Absolem avec un air narquois et un brin supérieur.

Avoir le dessus sur toute situation était l’arme de prédilection de la Chenille, aussi ne se privait-il pas d’en user devant les autres leaders. Absolem avait tellement conscience de sa supériorité qu’il ne pouvait malheureusement s’empêcher de le faire remarquer aux autres. Il espérait que cela dissuaderait le Chapelier de lui poser des questions. La Chenille avait ses petits secrets à cacher après tout.

« Je pense qu’avant toute chose, Toi et le Chat vous ressemblez beaucoup. Vous avez tous les deux un point commun, la forêt. Vous vous battez pour celle-ci ou bien pour une chose encore plus importante que cet endroit. »

Absolem n’avait jamais envisagé les choses sous cet angle et justement, cet angle là lui déplaisait. Il fronça les sourcils et son visage se rembrunit sensiblement. L’idée d’avoir quoi que ce soit de commun avec le Chat de Cheshire l’irritait autant que de dormir dans autre chose que de la soie. C’était pour dire ! La Chenille avait parfois un petit côté futile assez exaspérant.

« Je suis certain que tu es au courant de cette petite rumeur comme quoi tu lui aurais volé une chose importante. »

Absolem plissa les yeux, portant sa pipe à ses lèvres.

« Il se pourrait que j’en ai entendu parler, oui », avoua t-il à demi-mot.

Voilà encore quelqu’un qui venait chez lui pour lui soutirer des informations ! Car, quelle que soit la réponse pour laquelle on mettait les pieds dans le royaume de Carreau, on finissait toujours par rechercher un savoir particulier.
Absolem n’avait jamais eu besoin d’arme tranchante pour se hisser dans ce monde. Pour lui, le savoir, c’était le pouvoir.

« Bien sûr, je ne te désigne pas comme le coupable mais j’imagine qui si tu avais cette chose en ta possession, tu saurais quand l’utiliser pour que cela te soit le plus favorable... »

Il faisait des efforts considérables pour ne pas sourire, ce qui irrita un peu plus Absolem, qui ne se caractérisait pas par sa grande patience. S’il adorait qu’on lui pose des questions pour pouvoir étaler sa science, il avait cependant horreur que l’on cherche à le mener en bateau. Surtout dans des eaux si troubles.

La Chenille ne répondit rien, se contentant de se caler contre un champignon, face à son interlocuteur.  

« Si j’avais un moyen de pression comme celui-ci, qui sait ce que je pourrais faire. Certainement le faire marcher et le torturer mentalement jusqu’à qu’il devienne fou. Hum, cela serait amusant n’est-ce pas, Chenille ? »

La Chenille estima ne pas avoir la même notion de l’amusement. D’ailleurs, Absolem s’amusait-il parfois ? Pas sûr que ce mot lui évoque grand-chose. Néanmoins, il en fut soulagé en voyant l’air vaguement idiot du Chapelier. Si s’amuser donnait une telle expression, il préférait s’en passer.

« Le Chat est déjà assez fou… »

« Ou alors, je l’obligerais à boire le thé avec moi ! Je me demande tout de même ce que ça peut être… »

« C’est justement ce que j’appelle de la torture mentale », bougonna le trafiquant au sujet du thé, tandis que son interlocuteur poursuivait comme s'il n'était pas là.

« Je me demande ce que ça pourrait être… Un objet peut-être, un souvenir ou bien… Peut-être un sentiment. Cela pourrait être tout comme n’importe quoi, nous sommes à Nightmareland après tout ! »

Absolem expira longuement, la fumée se répandant dans l’air. Il sentait que l’opium apaisait ses douleurs physiques et morales. Alors pourquoi avait-il la sensation que des choses s’échappaient à mesure qu’il consommait la drogue ? Parce que c’était une drogue tout simplement. La Chenille avait beau être très résistant à ses effets, il devait bien avouer qu’à force, elle lui détraquait le cerveau.

Le trafiquant eut un sourire, le regard dans le vague.

« Tu veux que je te dise quelque chose de drôle, Chapelier ? Ce n’est pas souvent que cela arrive, alors profites-en. »

Il tourna la tête vers son client, une moue ironique sur le visage. La situation était tellement risible, il en convenait. Tout était risible à Nightmareland. Tristement risible. C’était bel et bien le monde des fous.

« Même si j’ai volé quelque chose au Chat, je ne suis pas en mesure de me rappeler ce dont il s’agit. Tout le monde a fini par oublier, même celui qui n’oublie jamais rien. »

Son sourire se fit nettement plus enjôleur, soudainement. Nul doute possible : c’était le visage du commerçant ou plutôt du trafiquant. Absolem pouvait passer d’un état à un autre sans aucun préambule, comme si l’opium annihilait toutes les frontières entre les émotions. C’est aussi un peu à cause de cela qu’on le considérait comme aussi fou que les autres habitants de Nightmareland.

« Parlons peu, mais parlons bien : vas-tu m’acheter quelques produits ? Je peux te faire un prix d’ami. Cela compensera ma petite création qui t’a tant déplu… »

Il ricana faiblement en pensant au champignon qui atténuait les peurs, ce qui le fit tousser. Une fois qu’il eut terminé de crachoter des ronds de fumée, il s’assit en tailleur sur le champignon le plus proche, ramenant ses jambes vers lui. Ses babouches se touchèrent comme s’il allait se mettre à faire du yoga et il demeura un instant silencieux, le regard fixé vers le ciel. Il ne bougeait que pour expirer la fumée ou en inspirer une nouvelle bouffée, l’esprit ailleurs. Il semblait avoir complètement oublié son client.

« Parfois, dit-il soudainement, je me demande si mes Alice ne sont pas les plus à plaindre. Ils désirent la connaissance, sans songer un seul instant que la vérité est à double tranchant. Si mon amour était aussi instable que celui de la Reine, je pourrais les détruire en un claquement de doigt. »

Tout à coup, de la même manière que s’il s’extirpait d’un drôle de rêve, Absolem retrouva son bon sens. Il ne semblait plus ailleurs et ses yeux cessèrent de vagabonder pour se poser sur le Chapelier. Il posa sa tête dans le creux de sa main, l’œil narquois :

« Alors ? Tu n’as pas répondu. Faisons-nous une fois de plus affaire ? »

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MessageSujet: Re: Loin de chez soi, inutile d'avoir honte ! [Chapelier - Absolem]   Sam 7 Fév - 17:28

« Tu veux que je te dise quelque chose de drôle, Chapelier ? Ce n’est pas souvent que cela arrive, alors profites-en. »

Le Chapelier leva la tête, surpris d’apprendre qu’il allait entendre quelque chose de risible de la part d’Absolem. Sans compter que cela semblait gratuit donc étrange et douteux…

« Même si j’ai volé quelque chose au Chat, je ne suis pas en mesure de me rappeler ce dont il s’agit. Tout le monde a fini par oublier, même celui qui n’oublie jamais rien. »

Il aurait pu prendre cela avec une incroyable gravité si le sourire d’Absolem ne le faisait pas douter de la vérité de la chose. La Chenille avait-elle vraiment oublié si elle avait volé quoi que ce soit au chat ? Les épaules du Chapelier se tendirent quand il pensa soudainement à quelque chose, il leva la main d’un geste sec, comme s’il repoussait cette idée qui volait autour de lui comme l’on chasse une abeille.

« Parlons peu, mais parlons bien : vas-tu m’acheter quelques produits ? Je peux te faire un prix d’ami. Cela compensera ma petite création qui t’a tant déplu… »

« J’étais sûr qu’on arriverait à ce moment mais je dois t’avouer que je l’aurais voulu plus tard… »

Ce que venait de souffler Luther, il le pensait vraiment. L’argent n’était certes pas un problème mais le fait de savoir qu’Absolem pouvait vendre ce champignon désagréable qui permettait d’annihiler certes pour un certain temps la peur, le vexait sur plusieurs points.
Il alla parler, disant son choix d’achat quand il vit un Absolem complètement ailleurs, un drôle de vision dans un certain sens. C’était rare pour le Chapelier de voir un homme qu’il connaissait depuis longtemps dans cet état.

« Parfois, je me demande si mes Alice ne sont pas les plus à plaindre. Ils désirent la connaissance, sans songer un seul instant que la vérité est à double tranchant. Si mon amour était aussi instable que celui de la Reine, je pourrais les détruire en un claquement de doigt. »

Le Chapelier ne put s’empêcher de sourire devant cette remarque.

« Au moins, tu ne t’amuses pas à les tuer. »

« Alors ? Tu n’as pas répondu. Faisons-nous une fois de plus affaire ? »

Luther fit quelque pas vers Absolem, se posant juste devant le champignon. Le trafiquant le surplombait de sa superficielle hauteur et il trouva cela assez amusant.

« Comme toujours mon cher, je serais heureux de faire affaire avec toi, mes hommes viendront plus tard dans la soirée pour venir chercher ce que je veux. »

Luther n’avait pas encore dit ce qu’il voulait, en fait, il ne s’avait pas tellement pour l’instant. Il avait tout le trajet du retour pour y réfléchir, ses hommes parleraient donc à sa place quant au choix de son achat.

« Mais ne les laisse pas rester à l’intérieur trop longtemps, j’ai l’impression d’avoir des champignons vivants à la place d’humains même plusieurs jours après. »

Il tendit sa main vers son front, se mit à sourire en enlevant son chapeau et le tint devant son torse.

« Pour te remercier de m’avoir dit une information aussi étrange, je vais t’en donner une. Mais saches une chose, les informations gratuites sont toujours à prendre avec des pincettes… »

Le Chapelier regarda autour de lui, vérifiant qu’ils étaient bien seuls, qu’aucune oreilles indiscrètes n’allaient écouter ça puis ouvrit ses lèvres et il parla, murmura presque, accentuant chaque syllabes.

« Tous les habitants sont fou ici. »

Il recula et remis son chapeau après une courte révérence. Tournant les talons d’un geste simple et élégant à la fois. Il leva la main pour saluer la Chenille toujours perchée sur son étrange trône et dis d’une voix élevé en s’apprêtant à quitter l’endroit.

« N’oublies pas de me faire un prix, réduire de moitié ne serait pas mal ! »

Il s’avança dans la salle où il avait gouté les petites drogues, en piquant un par la même occasion et le mordillant de façon amusé.

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MessageSujet: Re: Loin de chez soi, inutile d'avoir honte ! [Chapelier - Absolem]   Sam 21 Fév - 20:11

« Comme toujours mon cher, je serais heureux de faire affaire avec toi, mes hommes viendront plus tard dans la soirée pour venir chercher ce que je veux. »

La Chenille contint son exaspération en soupirant longuement. Evidemment, il fallait toujours qu’il envoie ses hommes chercher ses commandes, comme s’il ne pouvait pas choisir tout de suite et repartir avec la marchandise. Cela éviterait à Absolem de devoir toujours envoyer ses propres serviteurs pour reconduire ceux du Chapelier qui s’étaient égarés entre les vapeurs d’opium.

« Mais ne les laisse pas rester à l’intérieur trop longtemps, j’ai l’impression d’avoir des champignons vivants à la place d’humains même plusieurs jours après. »

Absolem leva les yeux au ciel.

« Ne les y envoie pas dans ce cas. Ou alors, prends des précautions. »

Enfin, il savait que c’était comme parler dans le vide. Le Chapelier n’écoutait jamais rien des conseils qu’on lui donnait. Il en faisait toujours à sa tête, laquelle avait bien failli tomber, d’ailleurs.

« Pour te remercier de m’avoir dit une information aussi étrange, je vais t’en donner une. Mais saches une chose, les informations gratuites sont toujours à prendre avec des pincettes… »

Cette réplique suscita la curiosité d’Absolem, qui eut toutes les peines du monde à le dissimuler. Ses yeux s’arrondirent soudainement comme ceux d’un enfant, puis se plissèrent jusqu’à former une ligne sombre avec la frange de ses cils. Il parut tout à coup plus vieux, tel un drôle de sage assis sur son trône champignonesque. Ses cheveux rouges voletaient au grès de la bise, comme la fumée qui s’échappait de sa pipe. Il aurait pu paraître calme s’il ne trépignait pas autant à la manière d’un petit gosse capricieux. Il était suspendu aux lèvres du Chapelier qui semblait vouloir ménager son petit effet.

« Tous les habitants sont fous ici. »

Ce n’était pas forcément nouveau. La Chenille attendit l’information promise, avant de se rendre compte que c’était chose faite. La bouche d’Absolem se tordit de dépit, une grimace à la hauteur de son immense déception. Il roula ses yeux d’un air exaspéré.

« Un fou ne dira jamais qu’il est fou », déclara t-il sur un ton précieux.

Déçu de cette information, Absolem se rembrunit et il préféra bouder plutôt que de dire poliment au revoir, ce qui aurait été une attitude quand même -avouons-le- un peu plus commerçante.

« N’oublies pas de me faire un prix, réduire de moitié ne serait pas mal ! »

La mine scandalisée d’Absolem voulait tout dire. Il perdait définitivement sa patience, cédant à l'exaspération la plus profonde et la colère qu'il retenait depuis le début, pour ne pas faire ce plaisir à son client. Sauf que c'en était trop pour lui et son visage passa par presque toutes les couleurs. Mais comme il n’était pas certain que le Chapelier l’ait remarqué, il lança d’une voix furibonde :

« La moitié ?! Et puis quoi encore ! Avec tes informations qui ne valent pas un sou, ne crois pas que je vais te faire de cadeau ! Je devrais doubler les prix, même ! »

Toujours boudeur, il ajouta dans un murmure, les joues rouges de colère et de honte : « Cela t’apprendra à te moquer de ma taille ! »

Alors, Absolem se redressa du mieux qu’il le pouvait sur son champignon, mais il fallait bien reconnaître qu’aucune illusion ne pourrait jamais le faire gagner en hauteur. Il avait déjà tenté le champignon qui fait grandir, mais les effets s’estompaient trop vite. Et puis, il n’avait jamais réussi à trouver le bon dosage.

Il attendit que le Chapelier disparaisse de son champ de vision pour murmurer :

« Peut-être qu’un jour, ce monde se détraquera davantage, Chapelier. Peut-être qu’un jour, nous ne pourrons plus faire affaire. J’espère bien que non… »

La fumée s’étira vers le ciel, tournoyant depuis les lèvres d’Absolem. Ce dernier ferma les yeux. Il était à deux doigts de l’Illumination, il l’avait senti. Et comme à chaque fois, il avait fallu qu’on l’interrompe !

« … Tu es l’une de mes sources principales de revenus. C’est peut-être pour ça que je n’ai pas encore pris le risque de t’arnaquer. »

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